2012 .......la vie a-t-elle vraiment évolué

Publié le par catlove

LA SOCIETE FEODALE

C'est une société brutale mais organisée d'une manière assez stricte pour que les droits et les devoirs de chacun soient clairement définis.
                                          Une société hiérarchisée

La distinction fondamentale est la relation entre le suzerain et le vassal qui lui rend hommage en se délarant son "homme lige". Il lui prête serment de fidélité et reçoit en échange protection, aide et secours. C'est la cérémonie de l'adoubement

La Société est une succession d'hommages depuis le roi lui-même sans supérieur (ou qui refuse l'hommage à l'Empereur) jusqu'au serf, qui lui n'est le seigneur de personne. Généralement le seigneur est celui qui a donné une terre et qui prétend recevoir en échange l'hommage. Dans les rangs supérieurs, on parle moins de dons de terres que de dons de seigneuries, ainsi le roi crée des duchés, les ducs créent des comtés, les comtes créent des baronies, les barons créent des petites seigneureries qu'ils donnent à des seigneurs. Ceux-ci sont les maîtres du sol réel. Les paysans exploitant le sol doivent des droits seigneuriaux aux seigneurs sous la forme de redevances, de respect des monopoles de ces derniers et bien entendu de corvées à leur bénéfice. Entre eux les nobles ne parlent pas de terre, les services sont toujours des services d'armes (l'ost).

                                                  Une société différenciée

                                  La noblesse est constituée par les seigneurs, barons, comtes et ducs dont la caractéristique est la possession d'une seigneurie même fictive (d'ou le souvenir de celles-ci par la particule "de" (Geoffroy de Coucy est en fait Geoffroy, seigneur de Coucy). Le rang vient du nombre plus ou moins grand de seigneuries que l'on peut posséder, d'ou l'intêret des mariages, des conquêtes ou des faveurs royales pour accroître ses seigneuries et par là le nombre de ses titres. Le noble ne travaille pas, car cela "avilit" (rend vilain). Il n'a qu'une seule fonction, le métier des armes. Il ne vit que pour le service militaire (l'ost) et s'y prépare par des tournois ou même par la chasse. Pour ne pas rester une simple brute, le noble poussé par l'église devient chevalier. La chevalerie est une conception spirituelle et policée du métier des armes au service de la foi chrétienne, de l'Eglise, de la femme et de l'enfant.

Peu à peu la noblesse ruinée par les guerres et les croisades va évoluer. Elle doit accepter, souvent malgré elle, la puissance royale. (Le roi attire les nobles à son service en les rétribuant ou en les flattant). La noblesse ne travaille pas, et de ce fait vit de plus en plus en parasite sur les autres classes de la société, ce qui la rend souvent impopulaire, d'autant qu'elle vit aussi de plus en plus dans le luxe , ce qui fait évoluer ses moeurs vers la politesse, la galanterie. C'est pour elle et par elle que va se developper la mode de l'amour courtois que vont définir les poètes, les artistes, les troubadours.

Les paysans vivent pauvrement souvent liés à un seigneur qu'ils ne peuvent pas quitter et par là au sol même de la seigneurie: ce sont les vilains et les serfs attachés à la glèbe). Ils peuvent néanmoins évoluer en poussant le seigneur à les affranchir contre indemnité bien sûr, même s'ils continuent à payer des droits. De plus en plus nombreux, les paysans défrichent les terres incultes (d'ou les nombreux "essarts"). Dès le XII siècle, les techniques s'améliorent (collier d'élevage, brouette, charrue, faux) mais le paysan est souvent dans une condition fragile et ne peut subsister qu'en vivant en groupe (groupe familial, groupe paroissial, groupe villageois).

Les bourgeois apparaissent au XIII siècle avec la renaissance des villes. Ce sont les habitants des bourgs, qui ont reçu souvent une charte de liberté de la part du seigneur local, à moins qu'ils ne profitent d'une ville franche créé de toutes pieces hors de toute seigneurie. Les bourgeois forment une commune (ou communauté) qui se réserve le droit de gérer la ville, car les non-bourgeois ou simples résidents trop pauvres pour acheter le droit de bourgeoisie ou trop récents dans la ville, n'ont pas droit au chapitre. La ville se distingue par des remparts hors desquels se trouvent des faubourgs et la banlieue. Les principaux monuments sont les églises paroissiale: conventuelles ou même privées (chapelles de familles, de corporations), et les monument civils: la maison de ville où siègent les syndics de la commune, surmontée du beffroi du guetteur, ainsi que la halle du marché.

En ville, on trouve les riches (banquiers, juristes, commercants) vivant dans des hôtels particuliers. Les classes moyennes d'artisans, de petits commercants fréquentent les corporations ou les guildes, alors que les pauvres (ouvriers ou journaliers mendiants) vivent hors de tout cadre établi. La ville est toujours un lieu de production industrielle (artisanat) et d'échanges (foires et marchés) ces rencontres en font un lieu de passage (d'ou l'importance des hôpitaux pour les voyageurs pauvres ou malades) et au delà un lieu d'échanges intellectuels, de progrès et de nouveautés. D'ailleurs ce sont les villes qui recoivent les étudiants et les professeurs dès le XIII siècle (collèges et universités).

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                                       Une société très dure

Beaucoup de violence entre les particuliers, entre les familles, entre les groupes villageois, territoriaux ou sociaux. On aime se battre, on aime voir les autres se battre.

Beaucoup de pauvreté. La subsistance est rare et l'on risque toujours la surpopulation. La moindre catastrophe naturelle amène la famine et les épidémies sont d'autant plus fréquentes que l'on ne sait ni les prévenir ni le guérir (ainsi la lèpre, mais surtout les fièvres et les pestes) le seul intêret de ces catastrophes est de réduire la pression démographique. La France vers 1350 avait près de 20 millions d'habitants soit autant qu'à la fin du XVIII siècle, la grande peste noire va en faire disparaître un tiers.

Beaucoup de misère: peu de biens de consommation, aucun superflu sauf pour les riches nobles ou bourgeois, on comprend que la rudesse de la vie fasse désirer le Paradis après la mort. Aucune hygiène (il n'y a des étuves que dans les villes).

Peu de communications, les routes sont inexistantes, les voyages périlleux (ce qui n'empêche pas les pèlerins et les voyageurs de partir). La France du nord parle la langue d'Oil (tres germanisée) alors que la France du sud parle la langue d'oc plus latine et la France du centre-est le franco-provencal. Les patois sont donc très nombreux et la seule langue de vraie communication est encore le latin, langue des clercs, des juristes et des savants.

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